« Sortir des habitudes … restreintes !
»
J’ai rencontré très
récemment sur un stand
où nous présentions l
‘Académie, un
pratiquant qui semblait sincère et très
expérimenté, « plus de 25 ans de
pratique dans la
discipline » selon ce qu’il nous disait.
Mais jamais de stages autres que ceux de son groupe, de son Sensei, de
sa Ryu … C’est dommage. Il était
très
fermé. Nous sommes persuadés que faire des
stages,
c’est accepter de se mettre en question
perpétuellement.
De vivre le Bushido en fait !
En fait, il y a une nette différence entre deux sortes de
pratiquants. Ceux qui suivent l’enseignement
donné dans
leur club, sans jamais s’ouvrir vers
l’extérieur
lors de stages, que ce soient sur un week-end ou d’une
semaine,
selon les propositions. En France ou à
l’étranger.
Et je ne parlerais pas des stages pluridisciplinaires que nous faisons
régulièrement au sein et au travers de notre
Académie SHINGITAI. Après, il y a les autres ! Ne
croyez
pas que je porte un jugement négatif sur ceux qui ne bougent
pas. Chacun est libre de son choix, heureusement ! Chacun ses besoins,
chacun sa vie, selon ses impératifs.
Professeur depuis de très longues années, je ne
suis pas
là pour juger ! J’ai l’habitude de
donner sans
compter et parfois prendre des coups, mais quoi qu’il en
soit,
enseigner est pour moi, un réel bonheur !
J’entends parfois : « Sensei, vous me donnez plus
que
largement ce que j’attends, votre enseignement est super,
l’ambiance formidable, alors que pourrais-je avoir de mieux
ailleurs ? ». Je réponds que « je ne
détiens
pas la vérité ! ». Ce que
j’enseigne tient
dans un dé à coudre par rapport à la
richesse de
la discipline et s’ils n’ont pas de «
comparaison
» au travers d’autres personnes, difficile de dire
si je
leur apporte vraiment ce qu’ils attendent de moi !
Suivre des stages, quelque soit l’animateur, le groupe (quand
cela est possible) et surtout dans des stages pluridisciplinaires,
permet de rencontrer d’autres pratiquants, de partager
maintes
expériences, de créer un relationnel, de tisser
des liens
amicaux forts ! Cela donne le sentiment d’être uni
à
une caste (Bushis) et de ne pas être isolé.
C’est un
plus indéniable dans une société
souvent
incompréhensible.
C’est une richesse que de ne pas travailler toujours avec les
mêmes personnes du Dojo, de pouvoir expérimenter
d’autres pédagogies, d’autres
expériences
qui, mises bout à bout, permettront de connaître
instinctivement les réactions de son partenaire et de
là,
anticiper ses assauts !
Partager des stages permet aussi de mieux connaître nos
partenaires de dojo.
Dans les gymnases, les clubs, vous pratiquez, prenez votre douche,
partez, sans réellement connaître vos partenaires
de
tatamis ! Il n’existe plus le temps où,
après un
cours, on prenait le temps de boire un soda, un café,
histoire
de prolonger ces moments précieux.
Il est devenu rare de voir un élève, un
stagiaire, faire
900km ou plus parfois, pour une heure et demi de cours
auprès
d’un 1er ou 2ème Dan ! Maintenant, on ne se
déplace
plus que pour les 6ème Dan minimum ou pour tenter de rentrer
dans les bonnes grâces de certains ! Soyons clairs et
honnêtes !
Partir en groupe, ne serait-ce que de 6 personnes, tisse des liens
d’amitié indéfectibles.
Modeste enseignant,
j’apprécie ces stages en Allemagne, Belgique, dans
le
monde, où j’apprends à
découvrir un peu plus
ceux que je dirige sur nos tatamis.
Faire des stages, donne le goût de poursuivre sa
quête,
raison pour laquelle on y retrouve souvent les
mêmes têtes
! Ces « habitués » forment un noyau
à partir
duquel se dégage le climat du dojo. C’est
à eux que
l’on doit le climat du club, pas au professeur.
A la rencontre des plus grands Maîtres et hauts
gradés, se forgent l’unité des dojos.
Un élève, un professeur qui reste dans son petit
monde,
dans son groupe, dans son dojo, dans son club, est un dauphin qui
évolue dans un bassin, limité à son
espace. Celui
qui participe aux stages, nage dans les vagues de
l’Océan,
libre, frôlant et dépassant les navires, jouant
des
vagues, des sillages et de la lumière du soleil …
qui
étincelle dans les embruns de l’étrave.